Défi dragonnesque : Fany

Continuons les présentations de nos participantes avec Fany.

Passionnée par la savonnerie depuis toute petite, elle s’est lancée dans l’aventure de la soude il y a bientôt un an. Adepte de la saponification à froid elle aime toutes les matières premières que la nature nous offre pour confectionner de beaux savons naturels qui ravissent ses proches.

Savon la Dragonne d'Ô par Fany

Fany aime relever les défis et sa passion pour la savonnerie l’amène vers des créations poétiques et pourquoi pas à thème : « Je ne connais pas encore mon prochain défi mais l’idée d’un fil conducteur comme le dragon d’eau me plait énormément alors pourquoi pas un autre défi du même genre ! »

Découvrons ensemble la légende de la dragonne d’Ô

Cela se passait en l’an 1379 dans une province chinoise, sous la Dynastie des Ming. L’empereur Hongwu régnait depuis 1368, très méfiant, il craignait pour sa vie et celles de ces proches, son palais à Nankin était surveillé par les Eunuques qui étaient notamment les représentants du Dragon.

La Princesse Ning-Kuo, la deuxième fille de l’Empereur, vivait auprès des ses frères et sœurs. Elle occupait son temps dans les jardins botaniques du palais entre jasmin, ylang-ylang , lavande, camphrier et autres plantes que son père avait fait ramener de ses nombreux voyages. Elle concoctait pour ses sœurs des parfums délicats et subtils.

Un jour, alors qu’elle flânait près de l’étang, elle aperçut un eunuque penché au-dessus de l’eau qui parlait à son reflet. Elle fût fort intriguée et s’approcha discrètement, elle constata qu’il ne s’adressait pas à son reflet mais à un Dragon d’Eau.

Elle n’était pas choquée car elle savait que les Eunuques étaient les représentants du Dragon, mais elle n’aurait
jamais pu s’imaginer que celui-ci vivait au palais.

Elle n’osa interpeler l’Eunuque, qui repartait vers le palais. Elle l’avait déjà croisé dans les jardins, il s’appelait Lee-Cheng, lui aussi aimait arpenter le parc et souvent il restait assis à contempler les plants qu’elle avait elle-même mis en terre.

Une fois Lee-Cheng suffisamment loin, elle se rapprocha du rivage afin d’observer de plus près le fond du bassin et son habitant.

Il était là, installé sur une feuille de lotus, c’est alors qu’elle put constater que le Dragon était en fait une « dragonne ». En effet elle avait une épine dorsale, sa robe était d’un vert anis et d’un jaune or, ses yeux étaient d’une couleur cuivrée rouge.

Ning-Kuo se pâmait à haute voix devant de telles couleurs, surprenant la « dragonne » sans pour autant la faire fuir. Elle se tourna vers la princesse en lui présentant ses hommages. Il semblait que la « dragonne » connaissait notre princesse.

Ning-Kuo fût surprise d’entendre la dragonne parler, tellement qu’elle pensait que son imagination lui jouait des tours.

« – Bonjour Princesse Ning-Kuo.
– Bonjour, comment connaissez-vous mon prénom ?
– Mais je connais tout le monde au palais. Ce sont les eunuques qui me tiennent informée de la vie du palais,
– Et vous êtes ?
– Je suis D’Ô, je règne sur la vie du bassin depuis que votre Père a fait construire le palais »

Elles discutèrent ainsi pendant quelques heures. Le dragon d’eau, enfin la « dragonne » était très instruite.

Le lendemain la princesse rendit visite à D’Ô, elle voyait bien que celle-ci était tourmentée, mais n’osa lui demander l’objet de ses préoccupations.

La visite à D’Ô était devenue, pour Ning-Kuo, un rituel. Petit à petit, une amitié et une confiance s’installèrent entre elles.

Ning-Kuo se risqua enfin à demander à la « dragonne » ce qui pouvait la tracasser autant.

« Assoies toi Ning-Kuo, je vais te raconter » dit D’Ô.
« Les Eunuques ont toujours été là pour me représenter auprès des autorités chinoises et notamment auprès de ton père. Ils sont ma voix, et depuis quelques temps c’est Lee-Cheng qui est chargé d’être mon intermédiaire. Aux fils de nos discussions nous nous sommes découverts l’un l’autre, et nous nous sommes rapprochés. Nous savons tous deux que notre amitié ne peut se transformer en amour. Qui pourrait accepter qu’un Eunuque et un dragon d’eau soit éprit l’un de l’autre. Je sais qu’il existe une solution, mais je ne peux la réaliser seule, j’ai besoin que Lee-Cheng soit mes mains.

– Qu’il soit vos mains ?
– Oui exactement, il faut réaliser une lotion à base de plantes, mais mon pauvre Lee-Cheng ne sait les reconnaître, j’ai beau les lui décrire, il prétend qu’elles se ressemblent toutes.
– Mais D’Ô, je peux t’aider moi ! Mais à quoi va te servir cette lotion ?
– Elle me transformera en femme et nous pourrons alors vivre notre amour pleinement.
– Alors je serais tes mains. »

D’Ô fut alors soulagée de l’aide que lui apportait la princesse. Elle lui expliqua alors le rituel, qui devait être fait à l’aube de la nouvelle année, dans le bassin du palais. Cette lotion devait être appliquée sur la « dragonne » par Lee-Cheng.

« – D’Ô ! Que doit contenir cette lotion ? Car j’ai l’habitude de concocter des parfums, mais des lotions, j’avoue que je n’ai jamais fait.
– Il faut du lait de riz, pour que ma peau soit blanche, il faut des huiles végétales pour faire disparaitre à jamais mes écailles, il faut de l’ylang-ylang pour adoucir ma peau,
– Puis je me faire aider de notre herboriste ? demanda Ning-Kuo
– Oui mais surtout sans lui révéler le but de cette recette. »

A son retour, Ning-Kuo, passa par les jardins, pour voir si les plantes pouvaient être récoltées pour la recette. Elle passa également voir l’herboriste pour lui poser quelques questions sur les huiles, car au palais il n’y avait pas une grande variété d’huile la plus commune étant l’huile de sésame.

L’herboriste Cuong lui présenta trois huiles différentes, les deux premières étaient blanches et compactes et la troisième était liquide et d’une couleur dorée.

« – Princesse Ning-Kuo, pourquoi avez-vous besoin de ces huiles ?
– Je souhaiterais réaliser une lotion pour mes sœurs.
– Très bonne idée Princesse, d’utiliser les huiles. La première huile est à base de pulpe de noix de coco, la deuxième est à base de pulpe des fruits des palmiers, et enfin la troisième à base d’olives. Qu’allez-vous rajouter à votre lotion ?
– Des huiles essentielles telles que ylang ylang, du vétiver, de la gaulthérie, je rajouterais aussi du lait de riz.
– Votre lotion aura vraiment une très belle texture. Allez prenez ces huiles et s’il vous plait vous me montrerez le résultat ?
– Bien entendu Cuong.»

Ning-Kuo se mis au travail dès le lendemain pour fabriquer les huiles essentielles. Elle testa plusieurs fragrances, et se décida enfin sur une composition de citron vert, de lavande, de vétiver, d’ylang-ylang, de camphrier et de gaulthérie, elle s’empressa d’aller voir la dragonne pour lui présenter.

Quand la Princesse arriva au bassin Lee-Cheng était avec D’Ô

« – Bonjour Princesse Ning-Kuo, dit la « dragonne ». – Avec Lee-Cheng nous étions en train de discuter de la lotion.
– Justement je venais vous présenter la fragrance que j’ai préparée.
– Tu sais Ning-Kuo, dit la dragonne, peu importe la fragrance, c’est surtout l’effet,
– Je sais D’Ô, mais c’est mon petit plaisir.
– Alors Princesse, dit Lee-Cheng, je serais honoré de sentir ce parfum. »

La « dragonne » et l’eunuque étaient ravi du résultat, mais demanda à Ning-Kuo si elle pensait avoir fini la lotion à temps, car la nouvelle année approchait, trois semaines les séparaient de l’instant fatidique. Ning-Kuo les rassura tous deux.

Trois semaines plus tard Ning-Kuo se rendit au bassin avec un petit panier et accompagnée de Lee-Cheng. La Princesse était préoccupée par le résultat, la lotion n’était pas liquide, mais solide, cinq petits pains, ils étaient de trois couleurs qui rappelaient le vert et le jaune de la robe de la « dragonne », le rouge cuivré des yeux D’Ô.

La « dragonne » était sur les berges du bassin, très pensive, l’heure de la transformation approchait, plus que quelques minutes, que serait sa vie, une multitude de questions lui traversait l’esprit sans pouvoir y répondre.

Quand Ning-Kuo et Lee-Cheng s’approcha du bassin, D’Ô demanda à voir le résultat. La Princesse installa une étole sur l’herbe, y posa le petit panier et en sorti les pains qu’elle installa délicatement sur l’étole.

La « dragonne » et Lee- Cheng étaient sans voix, ce qui inquiétait Ning-Kuo.
« – Vous aussi vous avez des doutes ? demanda la Princesse,
– Mais non Princesse, dit la « dragonne », c’est même parfait, nous allons pouvoir commencer car la nouvelle année est proche.

Lee-Cheng pris un pain dans ses mains et décida de le plonger dans l’eau du bassin. Il était observé par la dragonne et la princesse. Le pain se mit alors à mousser, une mousse onctueuse, blanche et surtout un parfum très délicat se dégagea.

D’Ô, alors avança vers Lee-Cheng, celui-ci lui appliqua cette mousse sur tout le corps.
Au même moment, au Palais, les tirs de canons commencèrent leurs chants pour souhaiter la bienvenue à la nouvelle année.
La dragonne entra dans l’eau. Lee-Cheng l’observa entrer dans le bassin et enfin disparaître dans le fond. La Princesse ne loupa un seul instant.

Un moment plus tard des vaguelettes remuaient la surface du bassin, le Palais lançait les feux d’artifice, et c’est alors qu’une femme longiligne sortie du de l’eau, elle avait une peau laiteuse, et les yeux rouge cuivré. C’est bien D’Ô. Lee-Cheng était là, sans voix mais heureux de voir son amour.

La Princesse s’approcha avec un Hanfu, habit traditionnel chinois, rouge sur lequel elle avait fait broder une Dragonne au fil d’or. D’Ô enfila le Hanfu, et pris Ning-Kuo dans ses bras :
– Merci d’avoir pu rendre notre rêve réalité,
– Vous êtes magnifique, dit la Princesse, je vous souhaite à tous deux de vivre votre amour au grand jour et d’être enfin heureux. »
Lee-Cheng pris alors Dragonne D’Ô dans ses bras et ils s’embrassèrent.

La légende ne raconte pas ce que sont devenus D’Ô et Lee-Cheng, mais depuis cette fameuse nuit, la Chine célèbre la nouvelle année avec les feux artifices et l’emblème porte bonheur est le Dragon.

Après que Fany nous ait transportés dans l’époque lointaine de la Chine et de ses légendes découvrons la formule qui transforma la dragonne en jeune femme…

Le savon la Dragonne d'Ô par Fany

Le savon Dragonne D’Ô

  • • Huile végétale bio de palme : 25%
  • • Huile végétale bio de noix de coco : 30%
  • • Huile végétale bio d’olive : 25%
  • • Huile végétale bio de sésame : 20%

Soude à recalculer pour un surgraissage à 10%

  • • Dissolution dans eau et lait de riz
  • • Colorants : paprika et argile verte
  • • Synergie d’huiles essentielles bio composée de : Citron vert (Citrus aurantifolia), Lavande (Lavandula augustifolia), Vétiver (Vetiveria Zizanoides), Ylang -ylang (Cananga odorata), Camphrier (Cinnamomum camphora), Gaulthérie (Gaultheria procumbens).

N’hésitez pas à visiter l’espace de Fany à cette adresse : http://fanylalicorne.unblog.fr/

Les votes seront ouverts à partir du 24 février, mais ne ratez pas les présentations de nos autres participantes !

Advertisements